15.01.2012
Coup de tête

Antoine Kombouaré, ancien joueur de Nantes et du PSG connu pour ses coups de tête en tant que footballeur et ses coups de gueule en tant qu'entraîneur baisse la tête aujourd'hui. Un p'tit sultan accompagné d'un p'tit chien carioca l'a condamné à retourner sur son île, la Nouvelle-Calédonie. Fini les plaisirs de Paris, la cité des fugitifs. Le prince arabe ne voulait pas d'un Kanak, littéralement d'un homme libre. Il doit retourner à Nouméa comme un bagnard. Ce serait d'ailleurs un très bon sujet pour Mathieu Kachovitz. Eh bien oui, un petit film sur les qatari qui rachètent les clubs français avant de racheter les banlieues françaises ce serait quand même un peu plus subversif que La Haine ou L'ordre et la Morale.

Mais revenons à nos moutons. Le calife qui a troqué le torchon sur la tête et la djellaba pour le costume du parfait vrp a donc préféré mettre à la tête de son club un gros rital au physique d'industriel lombard plutôt qu'un mélanésien.
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C'est vrai que ça colle plus à l'image du football actuel. Ce sport est du reste le parfait reflet de notre société libérale. Il est l'ambassadeur idéal de ses valeurs. Et vu sa popularité, nous pouvons nous inquiéter.
- Les parallèles que nous pouvons faire avec l'organisation libérale de l'économie mondiale sont ainsi nombreux. Se plonger dans les rouages du foot-business s'avère très instructif sur ce plan. Les clubs comme les multinationales qui dirigent de manière insidieuse nos démoncratie renferment, en effet, les mêmes mécanismes.
- Première analogie : nous avons à leur tête des actionnaires. Ce sont des financiers cosmopolites qui profitent le plus souvent de l'endettement des clubs ou des sociétés pour les racheter. C'était le cas notamment du PSG en début de saison lorsque le petit affairiste débarqué fraîchement du Qatar (ce petit étron qui dégouline de l'Arabie Saoudite) a pris les reines du club. Ce même mode de fonctionnement se retrouve dans n'importe quel autre secteur de l'économie. L'exemple récent d'une société chinoise qui profite de l'endettement de la Grèce pour racheter le plus important de ses ports nous le confirme.
- Seconde analogie : de manière générale ceux qui produisent (la bien nommée « ressource humaine ») viennent ou sont originaires du tiers-monde, en majorité d'Afrique subsaharienne. Les joueurs de football, ceux qui produisent le jeu, ressemblent ainsi aux sous-prolétariats qui s'exécutent dans nos usines. Si on oublie leurs salaires mirobolants ils sont également considérés par leurs possédants comme du bétail. On les envoie paître sur n'importe quel terrain, on les bourre de différents dopants puis on les abat. C'est en tout en cas facile à reconnaître, bien souvent, ils arborent une crête de coq et portent à l'oreille une belle boucle comme le veau dans son enclos.
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Dernière analogie : ceux qui organisent la production, c'est à dire le patron ou l'entraîneur, sont soumis au désidérata des actionnaires. En cas d'échec, ils sautent. De plus, pour couronner le tout, ils sont les cibles privilégiées de la masse laborieuse. Aucune faute ne leur ai pardonné. Ainsi dans le foot, les supporters et les joueurs s'en prennent souvent à l'entraîneur. De la même manière la colère du prolétariat ou du peuple est dirigée vers le patron. Par dessus le marché, les journalistes, main dans la main avec les financiers, nourrissent les antagonismes. Le plus emmerdé dans l'affaire c'est donc peut-être bien lui, n'est-ce pas Antoine ?!
- Enfin n'oublions pas ceux qui parient sur les matchs. Ils sont comme les traders qui travaillent pour leur comptes. Mais après tout quel mal font-il ? Eux aussi ont le droit à la fortune, eux aussi ont le droit de ressembler à ces hommes d'affaires arabes qui s'énamourent d'imposantes prostituées sur les Champs-Elysées.
- Mais ces techniciens de la finance n'ont pas la victoire acquise. Des foyers de résistance existent. Le match Athletic Bilbao-PSG en septembre dernier nous a donné un parfait exemple : le modeste club basque qui n'accepte que des joueurs nés sur leurs terres a réussi à écraser les nomades qui prennent Paris pour un hôtel de luxe. Un esprit, une culture fière, un collectif bien huilé, et un jeu créatif peuvent mettre à mal la finance cosmopolite.
- L'espoir est là, Antoine! Relève la tête ! Ne la perds pas, comme le grand chef kanak Ataï qui a mené l'insurrection en 1878 contre les colons français. Ta tête ne doit pas finir dans le formol et se perdre dans le réduit d'un musée comme la sienne. Suis l'exemple des basques et inspire-toi de la fierté de ton illustre ancêtre, compose une équipe 100% Kanak et entraîne-les avec amour et passion pour aller battre Paris ton ancien esclavagiste.
- Vas-y Casque d'Or ! Mange du coq !
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Ataï le grand chef Kanak
23:25 Publié dans SPORC | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kombouaré, qatar, psg, finance, foot, business
Coupez l'électricité
Simple anecdote ou recommandation pour les temps à venir.
L'autre soir, j'ai regardé un documentaire sur Simone Weil, la philosophe (à ne pas confondre avec l'infirmière, la masseuse de Giscard pour paraphraser Jean-Edern Hallier). Dans ce film est évoqué sa correspondance avec un jeune anarchiste espagnol Antonio Atarès au cours de l'année 41. Elle est à Marseille. Lui est au porte du Sahara dans un camp en Algérie. Une correspondance passionnée entre les deux rives s'instaurent. Un des fragments des lettres de la jeune philosophe m'a interpellé :
« Cher ami, il fait ici un temps merveilleux, il y a des flots de lumière sur la mer. Les arbres se couvrent de feuilles. Je suis heureuse de savoir que tu trouves de la joie à regarder les montagnes. Tant qu'on a des choses telles que la mer, les montagnes, le vent, le soleil, les étoiles, la lune, le ciel on ne peut pas être tout à fait malheureux. Et même si on était privé de tout cela et mis dans un cachot, savoir que toutes ces choses existent, qu'elles sont belles, que d'autres en jouissent librement doit être toujours une consolation. »
Cette joie de contempler la nature et particulièrement le ciel et les étoiles m'a rappelé mon voyage au Togo en 2009. Le ciel ne souffre pas là-bas de la pollution lumineuse. Pas d'éclairage surabondant, ils n'en ont pas les moyens. De ce fait, dans ces nuits baignées de lumière lunaire j'ai pu redécouvrir ce plaisir contemplatif. C'était comme si je renaissais, comme si pour la première fois j'ouvrais mes yeux sur la splendeur de la création.
Cette multitude de petits points lumineux qui nous regardent de là-haut où sont-ils à présent dans notre ciel d'Occident ? Nous avons de plus en plus de difficulté à les voir. Les étoiles sont, en effet, comme masquées par le voile de notre orgueil, celui de prétendre être la lumière du monde.

Je me suis fait cette même réflexion lors de la fête de la Lumière à Lyon, le lendemain du visionnage de ce film lorsque je me baladais à la Croix Rousse. Il était 21h , je marchais seul dans des rues presque désertes et je regardais béatement ces petites bougies placées au pied des fenêtres que le vent faisaient danser. Néanmoins, je sentais de l'inquiétude monter en moi lorsque que je pointais mon nez vers le ciel, je me disais alors : où sont passées les étoiles, les mêmes qui luisaient dans le ciel togolais ? Elles ne sont plus là. Elles ont disparu. Les lumières de nos villes nous les dissimulent. Coïncidence ou pas, Thomas Edison présente sa première lampe électrique à incandescence en 1879, trois avant que Nietzsche affirme la mort de Dieu :
Dieu est mort ! Dieu reste mort ! Et c'est nous qui l'avons tué ! Comment nous consoler, nous les meurtriers des meurtriers ? Ce que le monde a possédé jusqu'à présent de plus sacré et de plus puissant a perdu son sang sous notre couteau. — Qui nous lavera de ce sang ? Avec quelle eau pourrions-nous nous purifier ? Quelles expiations, quels jeux sacrés serons-nous forcés d'inventer ? La grandeur de cet acte n'est-elle pas trop grande pour nous ? Ne sommes-nous pas forcés de devenir nous-mêmes des dieux simplement — ne fût-ce que pour paraître dignes d'eux ? »
Le Gai Savoir, Livre troisième
La mort de Dieu constatée par Nietzsche apparaît ainsi au même moment que l'apparition de la lumière électrique. Cette invention de l'homme moderne nous dissimule, aujourd'hui, par son excès les trésors du ciel, et par conséquence la présence de Dieu. L'inquiétude constante que nous pouvons lire sur les visages des occidentaux semble provenir de cette perte. Le lien qui nous unissait avec le divin est, en effet, coupé.
Sans doute, l'Homme retrouvera Dieu et de manière générale sa conscience spirituelle, sa foi, sa confiance en l'harmonie du monde lorsqu'il retrouvera son ciel étoilé, la pureté de ses rivières... Et ce n'est pas le prosélytisme d'une quelconque morale religieuse, cette propagande infecte des grenouilles de bénitiers, des culs-bénis, qui pourra renouer ce lien. C'est peut-être tout simplement une coupure de courant nous plongeant dans le noir originel qui comblera cette perte.
C'est comme ça en tout cas que, moi, je pense l'avoir retrouvé.
Ce fut lors d'un autre instant magique de mon voyage au Togo. Un soir, nous nous sommes rendu, moi, mes deux compagnons de voyages et notre hôte togolais, à l'église pour une messe. Il était 18h. Nous étions plongés dans la nuit tropicale et un orage grondait au loin. Dans ce lieu très coloré, les chants des pieux togolais nous enveloppaient dans une douce sérénité. Plusieurs coupures d'électricité ont eu lieu pendant la messe mais ces fidèles ne se sont pas tus une seconde. Ils continuaient à chanter. Imperturbable. Concentrer sur leur voix, leur souffle vers Dieu. Je fus saisi par cette foi que rien ne pouvait ébranler. Le noir total m'a illuminé.
En France, en Occident, je ne crois pas me tromper en affirmant que dans la même situation nous aurions cherché à rétablir rapidement le courant, à remettre les plombs afin de ne pas les perdre comme si l'électricité nous maintenait en vie. On peut me réfuter que là-bas, tout simplement, ils ont l'habitude des coupures de courants, cela ne les surprend pas. Mais je ne peux plus me contenter de ce genre d'explication qui s'arrête à la surface. Ce que je pense de manière évidente c'est que, eux, n'ont pas perdu la foi en Dieu, car pour l'instant, la philosophe des lumières électriques n'a pas eu raison d'eux.
Vivement la prochaine coupure.
18:01 Publié dans FOIE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : simone weil, dieu, foi, nietzsche, électricité, occident, afrique
Pardon papy

Stéphane Hessel est indigne. Oui, le résistant de 39-45 est indigne. Comment puis-je oser affirmer ça ?
Je m'explique.
En février dernier, le nouvel Obs, hebdomadaire appartenant à l'industriel Claude Perdriel, fondateur d'une société de sanibroyeurs (prout!) et qui tira un max de frics des minitels roses dans les années 80 (oh oui!), fait un numéro spécial à l'Hessel avec comme titre: « L'incroyable Hessel, son manifeste Indignez-vous dépasse le million d'exemplaires » (comme si le nombre était synonyme de qualité!) » Si on en croit le nouvel obs, la résistance est donc aujourd'hui incarnée par un vieux de 93 ans. Dans cette civilisation en fin de vie, il n'y a rien d'étonnant finalement.
Mais revenons à mon indignation de départ, avant de tomber dans des débordements inutiles. Dans ce magazine, donc, on y trouve un extrait de son nouveau livre Engagez-vous qui m'a quelque peu surpris surtout venant de celui qui a été sacré champion de la résistance contre les totalitarismes. Le voici (je n'ai pas noté la page mille excuses!):
« La réforme des institutions à laquelle je tiens le plus (LE PLUS), c'est la création d'un conseil de sécurité, économique et social, qui réunirait par élection les 20 ou 30 états les plus responsables – divers par leur culture, capables d'agir par leur autorité – afin d'instaurer une stratégie mondiale qui ferait face aux grands défis et qui exercerait son autorité sur les instances financières, commerciales, du travail, de la santé... »
Le vioc a donc finalement le même projet de gouvernance mondiale que le nain Attali ou l'enculeur de négresses que je n'ai pas besoin de nommer. Il est nécessaire de le rappeler à ceux qu'on a vite fait de baptiser « les Indignés » : papy ne fait plus de la résistance, il s'indigne de sa propre collaboration.
Ce programme, clairement énoncé, m'a d'autant plus interpellé qu'au même moment je lisais René Guénon et les 7 tours du diable de Jean-Marc Allemand dans lequel est cité un hadîth (communication orale de Mahomet et de ses compagnons) sur la fin des temps. Le voici, vous allez comprendre :
Hadîth XCII, XXV, 2
Abou-Horaïra rapporte que l'envoyé de Dieu a dit : « L'Heure dernière n'arrivera pas avant que deux personnages n'en viennent aux mains, et qu'un grand combat ne soit livré entre eux ; tous deux prêcheront la même chose. Elle n'arrivera pas avant que n'apparaissent de faux antéchrists au nombre d'environ trente (…) Elle n'arrivera pas avant que les gens ne construisent des édifices d'une hauteur exagérée et que celui qui passera auprès d'une tombe ne dise : Plût à Dieu que je fuse à la place de celui qui est enterré ici. »
Je n'ai rien à rajouter. Je me suis assez soulagé, le sanibroyeur fera le reste.
17:49 Publié dans BANDERILLES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hessel, nouvel obs, coran, nouvel ordre mondial


